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Le XXe cible de violences
Des policiers s'inquiètent d'agressions récurrentes dans le Nord-Est parisien
“Depuis plus d'un an, nous avons la sensation que l'on a passé un cap dans la violence, non seulement entre les bandes elles-mêmes, mais aussi vis-à-vis de
nous”. Pour ce policier travaillant quotidiennement dans le XXe arrondissement, le climat est particulièrement tendu. En l'espace de cinq jours, une série
d'affrontements et des menaces directes à l'égard des policiers ont été dénoncées. Si les autorités confirment une augmentation des violences ces derniers
jours, de plus en plus de policiers avouent redouter une “radicalisation de délinquants qui n'hésitent plus à sortir un calibre”.
Armes en série
Dans la soirée du 10 juin, des policiers sont appelés pour un véhicule suspect situé rue Joseph-Piton. Sur place, ils croisent un suspect qui prend la fuite.
“Au bout de quelques mètres, le suspect s'est retourné vers nos collègues, a sorti une arme, tiré à une reprise, sans blesser personne”, résume une source
proche de l'enquête, indiquant que le suspect, prénommé J.-J., est bien connu de la brigade criminelle.
Dans la nuit de vendredi à samedi, des heurts opposent deux bandes venues des
quartiers Orteaux et Saint-Blaise dans le square de la Salamandre. Six jeunes (deux mineurs et quatre majeurs) sont arrêtés et déférés.
Sur place, les policiers mettent la main sur des armes de 6e catégorie, comprenant bâtons, nunchakus, et poings américains. Dans le même temps, un des
policiers intervenant à proximité du boulevard Mortier est visé au pied par un projectile après avoir entendu un coup de feu.
Inquiétude dans les rangs
Dimanche soir, toujours à Saint-Blaise, deux bouteilles incendiaires, et plusieurs cartouches non percutées sont retrouvées par les forces de l'ordre.
“Certains délinquants commencent à s'affranchir des règles concernant les armes à feu”, explique un autre policier, familier du XXe. “Certains collègues
commencent à avoir réellement peur, d'autant que, par moments, on ne sent pas un soutien total de notre hiérarchie”, lâche-t-il, amer. “Nous avons
des consignes : nous rendre sur place après un appel, et y aller à plusieurs véhicules obligatoirement. On ne va pas déplacer un car de CRS pour
constater un cambriolage”, conclut un troisième. Contactée hier, la préfecture de police a confirmé “plusieurs violences ces derniers jours,
mais ciblant principalement des affrontements entre bandes rivales.”
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